La structure du système
bancaire
Le système bancaire comorien
est constitué de trois banques
de nature différentes : la
Banque Centrale (BCC), la Banque pour
l’Industrie et pour le Commerces
- Comores (BIC-C), la Banque de Développement
des Comores (BDC) auxquelles il convient
d’ajouter les services financiers
de la Société Nationale
des Postes et des Services Financiers
(SNPSF) et deux réseaux de
caisses mutualistes décentralisées
(SANDUK et MECK).
L’étroitesse du système
bancaire, marqué par un monopole
de fait d’un seul établissement,
engendre plusieurs imperfections au
système telles que : un faible
taux de bancarisation, une couverture
géographique très limitée,
un coût élevé
des services bancaires, une prédominance
de la monnaie fiduciaire et un déficit
de financement bancaire de l’économie.
La liquidité collectée
par l’ensemble des établissements
est d’environ 30 milliards FC
et la distributions de 18 milliards
FC de crédit à l’économie.
La BIC-C
seule banque généraliste
de la place, collecte l’essentiel
de l’épargne et distribue
les crédits, essentiellement
de court terme, à l’économie.
Les ressources collectées sont
principalement à vue et une
épargne liquide. L’essentiel
des activités bancaires sont
concentrées dans cet établissement.
L’Etat est présent à
33% dans le capital, 51% pour la BNPI,
16% pour le secteur privé comorien.
Cet établissement dispose d’une
agence dans chaque Ile.
La BDC
spécialisée dans les
opérations de moyen et long
terme, tire ses ressources auprès
des bailleurs extérieurs pour
financer l’investissement et
le secteur de l’immobilier,
essentiellement. L’Etat est
présent avec 50% dans le capital
et 50% également reparti entre
la Banque Centrale des Comores, la
Banque Européenne d’Investissement
et l’Agence Française
de Développement. La BDC ne
collecte pas de dépôts
auprès du public.
La SNPSF
est née de la scission de la
Société Nationale des
Postes et des Télécommunications
en deux sociétés : Comores
Telecom, la SNPSF. En plus des activités
postales, la SNPSF gère les
activités de la Caisse Nationale
d’Epargne et les CCP. Elle est
intermédiaire agrée
et réalise des opérations
de transfert d’argent et d’achat
de devises.
Les Institutions Financières
Décentralisées (IFD)
sont constituées de deux réseaux
de mutuelles d’épargne
et de crédit, regroupés
en Unions : une Union des MECK et
trois Unions des SANDUK. Chaque réseau
a développé sa propre
stratégie et sa propre politique.
Les caisses Sanduk
Principalement implanté dans
l’Ile d’Anjouan, le réseau
des caisses SANDUK a été
créé en 1993 avec l’appui
de l’AFD. Sa principale cible
d’implantation a été
les campagnes avec une stratégie
de financement de projets agricoles
de montant assez faible. Constitué
de plusieurs petites caisses, le réseau
a évolué sur 3 phases
:
- Phase d’expérimentation
sur 3 ans entre 1993 et 1995 qui a
été réalisée
sur 10 caisses créées
au niveau national. Les résultats
jugés satisfaisants de cette
phase a permis le passage à
la suivante.
- Phase d’extension et d’institutionnalisation
(1996-1998), qui a abouti à
la création de 40 caisses supplémentaires
et à la mise en place d’une
structure centrale : l’Union
nationale des SANDUK,
- Phase de consolidation (1999-2003)
qui a abouti au renforcement du réseau
et à la création de
trois Unions Régionales regroupant
toutes les caisses SANDUK de chaque
Ile.
Les Mutuelles d’Epargnes
et de Crédit ya Komor (MECK)
En 1995, le projet «Appui aux
Initiatives Economiques de Base»
avec l’appui du Fonds International
pour le Développement Agricole
(FIDA) et le Gouvernement comorien,
a lancé l’initiative
de créer des structures de
financement intermédiaire entre
les caisses SANDUK existantes et les
établissements financiers classiques,
en ciblant une clientèle à
revenu moyen. Ciblant les grandes
villes régionales, l’objectif
initial du projet a été
l’ouverture de 12 mutuelles
autogérées et autonomes
financièrement, capables de
collecter de l’épargne
locale, de la faire fructifier et
de la rétrocéder en
crédit pour le financement
des initiatives économiques
de base, au niveau des trois Iles.
Au total, ce réseau compte
7 mutuelles à la Grande Comore,
4 à Anjouan et 1 à Mohéli.
Au mois d’août 2003, l’organe
central (Union des MECK) a été
crée et chargé, entre
autres, du contrôle du réseau,
de la représentation auprès
des autorités monétaires
et des organismes de financement,
de la gestion des excédents
de liquidité et de consentir
du crédit aux mutuelles de
base.
Les deux réseaux ont enregistré
une croissance importante, tant sur
le nombre de caisses et d’adhérents
que sur le volume des opérations
réalisées. Ils se sont
imposés dans le paysage financier
comorien, occupant désormais
en terme de parts de marché,
la deuxième place dans la collecte
de l’épargne et la distribution
des crédits à l’économie.
Ces institutions ne se sont pas uniquement
spécialisées en micro
crédits destinés à
des populations moins fortunées.
Elles ont aussi développé
une politique similaire à celle
des établissements bancaires
classiques. L’exercice de leur
activité a été
réglementé par un décret
présidentiel du 22 juin 2004.
Le cadre légal et
réglementaire de l’exercice
de l’activité bancaire
et financière
Le cadre légal et réglementaire
est défini par l’ensemble
des textes de base suivants :
- la loi 80-07, dite loi bancaire,
réglemente l’activité
des banques et établissements
financiers exerçant aux Comores
;
- la loi 80-08 relative à la
monnaie et au rôle de la BCC
dans le contrôle des banques
et établissements financiers
;
- le décret 87-005/PR portant
réglementation des relations
financières entre les Comores
et l’étranger ;
- le décret 04-069/PR portant
réglementation des activités
des Institutions Financières
Décentralisées ;
- l’ordonnance 03-002/PR relative
aux, blanchiment, confiscation et
coopération internationale
en matière de produits du crime
;
- le décret 03-025/PR relatif
au service de renseignement financier
;
- les statuts de la banque centrale
des Comores, annexe des accords de
la coopération monétaire.
Ce dispositif confère à
la BCC un pouvoir réglementaire
par voie d’instruction et de
circulaire, un pouvoir de supervision
et de contrôle et un pouvoir
disciplinaire.
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